Protection des captages de Lesneven
Conformément à la loi sur l’eau de 1992, la Commune a entamé un vaste programme d’acquisitions foncières afin de limiter l’activité agricole près des captages qui alimentent la ville en eau potable. Ces mesures commencent à porter leurs fruits puisque l’on note une baisse sensible du taux de nitrates dans ces captages. Après une forte hausse dans la période 1990-2000, ce taux a retrouvé aujourd’hui son niveau des années 1980. En 2006, le Conseil Municipal a demandé l’ouverture d’une enquête d’utilité publique afin de pouvoir acquérir, au besoin par expropriation, les terres agricoles à intégrer au périmètre de protection des captages, dans le secteur Lannuchen-Kergoff. Suite aux conclusions de cette enquête, l’arrêté préfectoral n°2007-0564, en date du 18 mai 2007, a déclaré d’utilité publique la zone de protection. Le périmètre délimite une superficie de 220 ha dont 90 ha en "périmètre A", plus protégé encore. Début 2009, la commune était propriétaire de la moitié des terres situées dans ce Périmètre A et les acquisitions se poursuivent.
Consommer l’eau du robinet contribue à la protection de l’environnement
Pour pouvoir être distribuée à la population, l’eau doit répondre à 63 critères établis par le Ministère de la Santé Publique. La consommation de l’eau du réseau est donc, selon ces critères, sans risques pour la santé, à court ou long terme. Pour cela, elle est traitée et analysée tout au long de son circuit de distribution, selon des normes très rigoureuses basées sur les travaux médicaux de l’Organisation Mondiale de la Santé. Si l’on considère les quantités de bouteilles plastiques qui doivent être recyclées, le fait de choisir l’eau du robinet constitue une démarche en faveur de la protection de l’environnement.

Nouvelles méthodes de désherbage des espaces publics
Outre la pollution par les nitrates - dont la nocivité pour la santé des adultes n’est pas scientifiquement prouvée - la qualité de l’eau peut être dégradée par divers produits chimiques tels que les pesticides et les herbicides. Lesneven est donc signataire d’une charte intercommunale d’Utilisation Raisonnée des Produits Phytosanitaires. Les services municipaux se sont, par conséquent, engagés à limiter l’emploi de désherbants chimiques : de 200 litres en 2002, le volume utilisé est tombé à environ 60 litres en 2006. Par ailleurs, les services municipaux disposent de deux désherbeuses thermiques. Du fait de cet engagement communal au service de la qualité de l’eau, certaines zones ne sont plus désherbées aussi systématiquement, et il faut désormais s’habituer à voir un peu plus de "vert" sur les trottoirs les moins fréquentés. Une autre technique pourrait consister à bitumer tous les trottoirs pour éviter les repousses, mais cela réduirait les surfaces de perméabilité et finirait pas occasionner des problèmes d’évacuation des eaux et des inondations. C’est pour cette raison qu’une bande perméable a été prévue lors de la récente réfection des trottoirs du boulevard Schumann.
Par ailleurs, les services techniques municipaux adoptent de nouvelles pratiques lors d’aménagement d’espaces verts, par le choix de végétaux nécessitant peu d’entretien et assurant une bonne couverture du sol, de façon à éviter l’emploi d’herbicides, de fongicides, d’insecticides.
Des panneaux, apposés sur les sites ainsi préservés, signalent : "A cet endroit la Commune n’utilise pas de désherbant chimique. Et vous, que faites-vous pour la qualité de l’eau ?"
Au total, depuis 2002, vingt communes, sur l’ensemble des bassins-versants du Quillimadec et de l’Aber Wrac’hs’, se sont engagées à mieux utiliser les produits phytosanitaires et à réduire leur utilisation. Un bilan d’étape, réalisé début 2009, constate que la baisse moyenne des quantités utilisées est de 75 %. La diminution de la consommation de ces produits varie, d’une commune à l’autre, de 95,8 % à 44 %, et dix communes, dont Lesneven, se situent au-dessus de la moyenne globale. La démarche se poursuit en 2010 par des formations, destinées aux services techniques communaux, sur l’aménagement de l’espace et la gestion différenciée et sur la mise en place de zones de test (fleurissement de bas de murs, enherbement de zones stabilisées).
Les particuliers sont aussi invités à limiter l’utilisation de produits chimiques dans leurs jardins, et à privilégier des méthodes alternatives telles que le paillage, le désherbage à l’eau bouillante ou l’arrachage manuel. Une opération d’information, "Jardinons autrement", est ainsi programmée.
Rénovation des réseaux à Lesneven
Les anciennes conduites en fonte ou en plomb sont progressivement remplacées par des matériaux inertes qui ne peuvent altérer la qualité de l’eau distribuée. Ces travaux de rénovation du réseau sont actuellement en phase finale. Par ailleurs, une opération est actuellement en cours pour éviter tout débordement accidentel entre les réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées.
SPANC : Service Public d’Assainissement Non-Collectif
Conformément à la "Loi sur l’Eau" de 1992, la Communauté de Communes a institué un Service Public d’Assainissement Non-Collectif (SPANC). Ce service concerne les habitations qui ne sont pas raccordées à un réseau d’égoût et qui disposent d’une fosse sceptique. Lesneven est relativement peu concerné par ce dispositif, mais sur l’ensemble des 15 communes de la Communauté, le SPANC s’applique à près de 7 000 habitations qui seront contrôlées sur une période de quatre ans.
Le service se charge de la vérification des installations d’assainissement : contrôle du respect des normes pour les nouvelles constructions, diagnostic et suivi de l’entretien pour les anciennes. Concrètement, les techniciens vérifient les regards, la fosse, le bac dégraisseur. A l’issue de la visite, ils établissent un bilan de la situation et le transmettent au propriétaire ainsi qu’à la Commune.
Les propriétaires envisageant la création ou la rénovation d’installations d’assainissement doivent retirer un dossier en mairie et le fournir à l’appui de leur demande de permis de construire. Le SPANC vérifiera alors la conformité des travaux prévus et, le cas échéant, autorisera la construction. Le propriétaire devra acquitter une redevance unique pour cette prestation.
Les installations anciennes, quant à elles, sont contrôlées tous les quatre ans et, à cette occasion, les agents du SPANC dispensent des conseils d’entretien et de fonctionnement. Pour cette prestation, les propriétaires concernés devront s’acquitter, pour quatre ans, d’une redevance d’environ 80 €. En outre, les propriétaires devront faire réaliser, tous les quatre ans et à leur charge, une vidange de fosse par une entreprise agréée, et fournir une attestation au SPANC.
Si une installation n’est pas conforme aux normes fixées en 1982, mais n’émet pas de pollution, son propriétaire ne sera pas tenu de réaliser des travaux importants. Toutefois, le SPANC exige la séparation des réseaux d’eau pluviale et eaux usées. En cas de pollution avérée, les propriétaires devront modifier leurs installations selon les recommandations du SPANC.
Renseignements : Tél. 02 98 21 06 17 (Communauté de Communes).
Le premier rapport du SPANC a été présenté à la Communauté de Commune début décembre 2006. Il révèle que, depuis la création du service en février 2006, 268 dossiers concernant des constructions neuves ont été examinés. 917 installations existantes ont aussi été contrôlées et le bilan est relativement satisfaisant : 22,6% des installations sont classées en "bon fonctionnement", 62,5% en "fonctionnement acceptable" (petits problèmes), 14,9% en "fonctionnement inacceptable" (rejets extérieurs, fosse introuvable...).
Des résultats sur l’ensemble du Bassin Versant du Quillimadec
Les efforts conjugués des collectivités locales, des agriculteurs et des particuliers commencent à porter leurs fruits, comme en témoigne l’amélioration des eaux de ruissellement qui alimentent le Quillimadec.
Plus de la moitié des agriculteurs du bassin versant sont aujourd’hui signataires d’un contrat d’amélioration des pratiques agronomiques (soit 63 % de la surface du bassin occupée par des exploitations agricoles) et, pour 2008, 70% des exploitants devraient avoir adhéré à cette démarche de protection de l’environnement. Cela a déjà permis, entre 2000 et 2005, de réduire de 28% l’apport en azote organique (fumier et lisier) et de 18% en azote minéral (engrais).
Des mesures précises, effectuées par le réseau Ecoflux signalaient un taux moyen de 58 mg de nitrates par litre en 1998 ; ce taux n’était plus que de 50 mg en 2007. Sur la courbe des analyses, la baisse des maxima est très encourageante car elle correspond à la concentration dans la nappe. S’il est encore trop tôt pour observer une nette amélioration en ce qui concerne la prolifération des algues vertes à l’embouchure de la rivière (coût du ramassage prévu en 2008 : 22 000 %), la qualité de l’eau tend cependant à nettement s’améliorer.
Les couverts végétaux visant à réduire le ruissellement et à limiter la dilution dans la nappe sont en nette progression : 90% des sols couverts en hiver (en 2007) chez les agriculteurs signataires d’un contrat d’objectif. La reconstruction de haies et de talus progresse également.
Pour l’année 2008,le budget consacré à la reconquête de la qualité de l’eau, dans le cadre du contrat du bassin versant du Quillimadec, est estimé à 165 594 € (Conseil Général : 19 % ; Communauté de Communes : 25 % ; Conseil Régional : 28 % ; Agence de l’Eau : 29 %).
De nouveaux engagements de la part des professionnels du monde agricole
Le 19 septembre 2006, de nouveaux engagements ont été pris entre les professionnels du monde agricole et les responsables des bassins versants. Cette nouvelle charte, qui concerne essentiellement la fertilisation azotée, a été ratifiée par les techniciens des coopératives, les négociants, les organismes de conseils agricoles et les agriculteurs. Le but est de parvenir à une démarche concertée entre ces différents acteurs, dans le cadre du programme "Dialogues" portant sur les bassins versants du Quillimadec et de l’Aber Wrac’h. Cela passera par l’information des agriculteurs sur la règlementation, la promotion de la fertilisation raisonnée, la valorisation des déjections animales, la promotion de la couverture des sols en hiver, les actions de démonstration, la mise en place d’éssais agronomiques et la communication sur les pratiques agricoles. L’objectif final, visé par la Communauté de Communes du Pays de Lesneven et de la Côte des Légendes, en partenariat avec le Syndicat du Bas-Léon, est de diminuer significativement les flux polluants (azote, phosphore, matières organiques et produits phytosanitaires) rejetés dans les cours d’eau, de façon à préserver la potabilité de l’eau et à réduire les marées vertes aux embouchures.
Commune de Lesneven : Rapport sur l’eau 2009
Voici les principaux éléments du Rapport sur l’Eau 2009 présenté au Conseil Municipal :
Communes desservies par Lesneven : Le Folgoët, Kernoues, Saint-Méen (partie), Ploudaniel (partie).
Nombre d’abonnés : 5 555
Consommation annuelle : 538 122 m3 dont 371 657 m3 pour Lesneven
Facture moyenne de type 120 m3 au 1er janvier 2010 : 207.48 € (202.39 € en 2009).
Provenance de l’eau : captages communaux : 61 %, usine de Kernilis : 39 %.
Teneur moyenne en nitrates : 35 mg/l. Maximum atteint en cours d’année : 40 mg/l, pour un maximum autorisé de 50 mg/l).
Qualité bactériologique : 27 analyses réalisées, toutes conformes(analyses agréées par le Ministère de la Santé).
Teneur en pesticides : 3 analyses conformes sur 4 réalisées (faible dépassement pour le déséthyl-atrazine : 0,12 ug/l pour une valeur limite de 0,12ug/l)
Rendement technique du réseau (80 km de conduites) : 86 % (89 % en 2009).
Capacité de la station d’épuration : 13 500 équivalents habitants
Nombre de branchements raccordés à la station : 4 106 dont 3 285 pour Lesneven et 962 pour Le Folgoët.
Volume journalier d’eaux usées traitées à la station : 2 600 m3.
Taux de siccicité moyen des boues : environ 20 %.
Facture moyenne d’assainissement de type 120 m3 au 1er janvier 2010 : 157.94 € (154, 09 € en 2009 ; 150, 25 € en 2008).

Une motion de soutien en faveur des agriculteurs des bassins versants de l’Aber Wrac’h et de l’Horn engagés dans le processus de reconquête de la qualité de l’eau.
Le 31 mars 2007, le Conseil Municipal a adopté une motion rédigée en ces termes : "Le Conseil Municipal de Lesneven se déclare solidaire des éleveurs dont l’activité est mise en péril par les récentes décisions de l’Etat visant à raccourcir les délais initialement prévus dans le programme de reconquête de la qualité de l’eau. Ces décisions brutales, prises sous la pression des instances européennes, ne tiennent compte ni des efforts considérables, ni des lourds investissements réalisés ces dernières années par les professionnels de l’agriculture (contrats de bassins, programme Dialogue...). Les mesures prises par la profession, qui ont permis d’engager un processus d’amélioration, semblent totalement bafouées, et les nouvelles obligations imposées aux éleveurs ignorent que les réalités géologiques et climatiques de notre région ne permettent pas d’obtenir un résultat optimal en quelques années. Il convient aussi de rappeler que, dans toutes les communes concernées, l’eau du réseau de distribution est parfaitement consommable. Par ailleurs, une réduction drastique du cheptel de nos éleveurs, du fait des nouvelles contraintes que l’Etat souhaite leur imposer, serait lourde de conséquences pour l’économie du Nord-Finistère qui dépend fortement de la vitalité du secteur agricole. En conséquence, le Conseil Municipal de Lesneven demande aux autorités compétentes que les délais relatifs au programme de reconquête de la qualité de l’eau soient maintenus tel qu’initialement prévus, par respect pour les engagements pris par la profession agricole, par reconnaissance pour les résultats encourageants déjà obtenus, et par souci de préserver le socle économique de toute une région."
Bilan et nouveau programme sur le bassin versant du Quillimadec
Début septembre 2008, les acteurs du programme de reconquête de la qualité de l’eau sur le bassin du Quillimadec ont dressé le bilan des actions entreprises. Plus de la moitié des agriculteurs du bassin est désormais engagée dans un contrat d’amélioration des pratiques agronomiques, soit 124 exploitants représentant 64% de la surface agricole utile concernée. Ces contrats ont débouché sur des méthodes de fertilisation raisonnée : entre 2000 et 2007, les 88 agriculteurs signataires de contrats d’objectifs ont diminué de 37 % leurs apports en azote organique (fumiers, lisiers) et réduit de 22 % les apports en azote d’origine minérale (engrais). Les collectivités locales (communes), de leur côté, ont modifié leurs technques de désherbage et réduit de 30 % leur consommation de produits chimiques. Les communes ont désormais adopté le principe du désherbage en tâche par tâche, et ont réduit de moitié la fréquence des désherbages chimiques annuels (2 au lieu de 4). Par ailleurs, les collectivités locales pratiquent de plus en plus les techniques alternatives que sont le désherbage thermique, le balayage ou le paillage.
Ces diverses mesures ont déjà permis d’enregistrer une amélioration de la qualité de l’eau : en 2004 on mesurait 54mg/litre et 340 tonnes d’azote au niveau de l’estuaire du Quillimadec ; en 2007 ces quantités ont été réduites à 50mg/litre et 319 tonnes, soit une baisse de 9 %. Ces résultats encourageants sont toutefois encore insuffisant pour mettre un terme à la prolifération des algues vertes en baie de Guissény.
Les différents acteurs du programme de reconquête de la qualité de l’eau (professionnels de l’agriculture, communes...) sont donc déterminés à mettre en oeuvre un nouveau programme pour approcher au mieux l’objectif fixé par l’Union Européenne : la restauration du bon état écologique de l’eau à l’horizon 2015. Il faut cependant noter que, du fait des conditions climatiques et géologiques du secteur, les résultats ne peuvent parfois être observés que plusieurs années après que des mesures d’amélioration ont été prises.
Elaboration d’un Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (S.A.G.E.)
Le S.A.G.E. du Bas-Léon devrait être opérationnel en 2014. Il a pour objet de fixer les objectifs généraux d’utilisation, de valorisation et de protection, quantitativement et qualitativement, des eaux de surface et des eaux souterraines. Il déterminera aussi les objectifs concernant la préservation des zones humides. Ce S.A.G.E. est géré par le Syndicat des Eaux du Bas-Léon. Son élaboration et son suivi sont confiés à la Commission Locale de l’Eau (C.L.E.) constituée de représentants du monde socio-professionnel et des services de l’Etat. Un plan d’aménagement et de gestion durable sera établi, opposable à l’administration, sera établi, ainsi qu’un règlement opposable aux tiers. Le contrat d’élaboration du S.A.G.E. a été signé entre le porteur du projet et les financeurs : la région Bretagne, le Département du Finistère et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.