Le phare de l'île Vierge, plus haut phare d'Europe, à Plouguerneau

Le phare de l'île Vierge, au large de Plouguerneau dans le Finistère
Photo : Pierrestz, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Parmi les phares de la côte du Léon, aucun n’impressionne autant celui-là. Le phare de l’île Vierge se dresse sur un îlot granitique à 1,4 kilomètre du lieu-dit Kastell Ac’h, sur la commune de Plouguerneau. Avec ses 82,5 mètres, il est le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare en pierre de taille du monde. Le plus haut phare tout matériau confondu, construit en béton et en acier, se trouve à Djeddah, en Arabie saoudite.

L’édifice est classé au titre des monuments historiques depuis le 23 mai 2011. Il reste le repère le plus visible de la côte des Légendes, et l’un des phares les plus photographiés de Bretagne.

Deux phares pour une île

L’histoire commence par un premier phare. Construit entre 1842 et 1845 avec du granit pris sur place, c’est une tour carrée de 33 mètres posée sur un bâtiment rectangulaire à deux étages. Il sert à signaler l’entrée de l’Aber-Wrac’h, avec le sémaphore de l’île Wrac’h et le feu du clocher de Plouguerneau. Sa première lumière s’allume le 15 août 1845 : un feu fixe blanc d’une portée de 14 milles, équipé du système de Fresnel, alimenté d’abord à l’huile de colza puis aux huiles minérales.

Très vite, ce feu devient insuffisant. La navigation au large du Léon se développe, les portées demandées augmentent, et la décision est prise de construire plus haut. Le chantier du grand phare dure de 1897 à 1902, et la mise en service a lieu le 1er mars 1902. Le vieux phare n’est pas détruit : il se dresse toujours au pied de son successeur, et les deux tours se photographient ensemble depuis la côte.

82,5 mètres de granit, de briques et d’opaline

Le grand phare a été construit pour balayer tout le nord du Finistère. Sa lumière porte à 52 kilomètres à la ronde, et le feu est visible au milieu de la Manche par temps favorable. La hauteur de 82,5 mètres place le foyer à 75 mètres au-dessus de la mer.

La construction surprend encore les ingénieurs qui la visitent. La tour est à triple paroi : tronconique à l’extérieur, cylindrique à l’intérieur, montée en moellons de granit sur un soubassement de pierre qui supporte une lanterne de grande taille. À l’intérieur, une chemise en briques de champs double le parement, tapissée de 12 500 plaques d’opaline bleu azur venues des usines Saint-Gobain, sur 900 mètres carrés de surface. L’effet, dans l’escalier, tient autant du puits de lumière que du monument.

L’ascension se compte en marches : 397 au total, réparties en cinq marches de granit à l’extérieur pour passer du socle à la tour, 360 marches suspendues en pierre de taille, toutes uniques et taillées sur mesure, puis 32 marches de fer pour atteindre la lanterne. Les optiques fonctionnent avec une lentille de Fresnel.

Le phare et son île

Autour de la tour, l’île Vierge n’a rien d’un jardin. C’est un plateau de granit battu par les vents, dont l’intérêt tient à sa position : à 1,4 kilomètre de la côte, face à l’entrée de l’Aber-Wrac’h, il surveille un des passages les plus fréquentés de la côte nord du Finistère. La tour se repère depuis la côte, mais l’île n’est accessible que par bateau.

Le logement des gardiens a changé de vie. Après trente-trois mois de travaux, l’ancienne maison des gardiens, au pied du phare, a été transformée en écogîte. Les gardiens, eux, ont quitté les lieux depuis longtemps.

Y aller depuis Lesneven

Le phare se voit de loin, mais il faut prendre la mer pour s’en approcher. La côte autour de Plouguerneau, de Lannilis et de Landéda se parcourt en revanche très facilement à pied et à vélo : l’embouchure de l’Aber-Wrac’h, les plages et les pointes offrent des points de vue sur la tour et sur son petit voisin de 1845. Les circuits sont décrits dans nos balades autour de Lesneven, du Folgoët à la côte des Légendes.

Une sortie à faire par temps clair, de préférence le matin, quand le soleil éclaire la façade sud et que la brume ne mange pas encore l’horizon. Le reste du temps, le phare fait ce qu’il a toujours fait : il balaie, il avertit, et il laisse les marins du Léon rentrer au port.

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