Patrimoine de Lesneven : château disparu, église Saint-Michel et musée du Léon

L'église Saint-Michel de Lesneven, sa grande façade et son clocher
Photo : Cheguemanu, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Le patrimoine de Lesneven se lit comme une histoire à rebours : le monument le plus important, le château des comtes de Léon, a entièrement disparu, tandis que la ville a su conserver tout ce qui l’entourait, église, couvents et maisons de marchands. C’est ce qui rend la promenade intéressante : il faut un peu d’imagination, et nos explications.

Le château a disparu, la place est restée

Au XIIIe siècle, les comtes de Léon tiennent à Lesneven l’une de leurs quatre châtellenies, et leur château fort occupe le haut de la ville, sur l’actuelle place du Château. Dès le XVIIe siècle, l’édifice sert de carrière de pierres. Quand on construit la prison, en 1782 et 1784, les ouvriers mettent au jour les restes de l’ancienne forteresse, dont une salle voûtée de plan octogonal que les textes appellent encore les « restes du château d’Even ». De ce passé féodal, la ville ne garde que le nom de la place, où se dresse aujourd’hui l’hôtel de ville.

L’église Saint-Michel et son porche de 1634

L’église paroissiale Saint-Michel domine le centre depuis la place du Général-Le-Flô, là où se tenaient les halles jusqu’en 1893. Consacrée en 1763, elle a conservé de l’édifice antérieur un remarquable porche de style Renaissance daté de 1634, intégré au clocher construit en 1783. Colonnes cannelées, chapiteaux ioniques et bossages : le décor s’inspire des traités d’architecture de Philibert de l’Orme, diffusés dans toute la Bretagne au XVIIe siècle. Le porche et le clocher sont inscrits aux monuments historiques depuis 1932.

Le clocher, coiffé d’un dôme en zinc, raconte à lui seul les aléas du lieu : frappé par la foudre en 1836 puis en 1864, endommagé par les bombardements de 1944, il a été reconstruit une dernière fois en 2003. Le plan de l’église avait été dressé en 1759 par Amédée-François Frézier, l’ingénieur du roi alors directeur des fortifications de Bretagne, connu pour avoir dessiné le plan de la ville de Santiago du Chili. À l’intérieur, on remarque une Vierge du XVe siècle et une Nativité peinte par le frère Luc, moine et peintre du XVIIe siècle.

Hôtels particuliers et maisons anciennes

Autour de la place du Château et de la place Le Flô, les rues du centre alignent des maisons des XVe et XVIe siècles, dont une maison à colombages, et des hôtels particuliers du XVIIe siècle. Les plus remarquables portent encore le nom de leurs commanditaires : l’hôtel de Kermenguy, avec ses lucarnes Renaissance, l’hôtel de Kerdanet du début du XVIIIe siècle, et l’hôtel Barbier de Lescoët, dit hôtel de France, qui rappelle que la ville était une étape sur les routes du Léon. Sur la place principale, la statue de bronze du général Adolphe Le Flô (1804-1887) honore l’enfant du pays, né à Lesneven en 1804, général devenu le premier ministre de la Guerre de la Troisième République en 1870.

Le musée du Léon dans l’ancien couvent des Ursulines

Le monument le plus vivant est sans doute l’ancien couvent des Ursulines, construit entre 1678 et 1746 pour l’éducation des jeunes filles. Sa chapelle abrite le musée du Léon, consacré à l’histoire du pays : préhistoire, vie rurale et maritime, costumes, avec des outils interactifs qui plaisent aux enfants. Le couvent accueille aussi l’office de tourisme, et des visites guidées de l’ancien monastère sont proposées en été. Deux chapelles plus récentes complètent le patrimoine religieux de la ville, la chapelle Saint-Maudez, néo-gothique, bâtie en 1867, et la chapelle Saint-Joseph des années 1880, toutes deux régulièrement ouvertes pour des expositions et des concerts.

La mémoire des guerres

Enfin, deux ensembles rappellent les conflits du XXe siècle. Le monument aux morts de 1922, dû à l’architecte Charles Chaussepied et au sculpteur Hortense Tanvet, domine la ville. À la sortie sud, sur la commune voisine de Ploudaniel, le cimetière militaire allemand de Ploudaniel-Lesneven réunit les tombes de plus de 5 800 soldats de la Seconde Guerre mondiale, pour beaucoup morts à l’été 1944 lors des combats de la poche de Brest. Le site a été inauguré en 1968.

Pour compléter la visite : la présentation de Lesneven, nos balades autour de la ville et le marché du lundi.

Pour continuer

À lire aussi